Réussir l'épreuve de français du Brevet (séries générale et professionnelle) grâce à des méthodes simples, efficaces et rassurantes.

Corrigé brevet français 2026 (Métropole) – Compréhension, image et grammaire | Série générale

Corrigé brevet français 2026 (Métropole) – Compréhension, image et grammaire | Série générale

L'épreuve écrite de français du brevet des collèges (série générale) pour la Métropole, la Réunion et Mayotte s'est déroulée le vendredi 26 juin 2026 de 9h00 à 12h15.

Afin d'aider les élèves à évaluer leur travail, je mets à votre disposition une proposition de corrigé des questions de compréhension, de l'étude de l'image et de la grammaire.

Comme toujours, il s'agit d'un corrigé de professeur. Certaines réponses sont plus développées que ce qui était attendu le jour de l'examen. Si vos réponses ne sont pas formulées exactement de la même manière, cela ne signifie pas qu'elles sont fausses. L'essentiel est d'avoir compris le texte, d'avoir justifié vos réponses et d'être resté dans l'esprit de ce qui était demandé.

Vous trouverez aussi en pièce jointe la proposition de corrigé au format PDF.

Bonne lecture et, surtout, bravo à tous les élèves pour le travail accompli tout au long de cette année !

 

 

Brevet 2026 Français Série générale Métropole

Grammaire et compétences linguistiques

Compréhension et compétences d’interprétation

Proposition de corrigé

 

Texte : Blaise Cendrars, L’Homme foudroyé, « Dans le silence de la nuit », 1945.

Image : Photogramme du film Les Sentiers de la gloire, Stanley Kubrick, 1957.

I. Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

1. Donnez un titre à chacune des quatre parties du texte (4 points) :

— lignes 1 à 17 : Une tension insupportable

— lignes 18 à 32 : En route vers l’attaque

— lignes 33 à 36 : Bataille lancée

— ligne 37 : Vainqueur !

2. Lignes 1 à 17 : Quel sentiment ou quelle émotion éprouve le narrateur dans cette première partie du texte ? Justifiez votre réponse par deux citations du texte. (4 points)

Le narrateur a un sentiment de doute et de forte insécurité car il dit qu’il « ne [voit] rien, n’entendai[t] rien, ne percevai[t] rien (l. 5 – 6) alors qu’il a le sentiment d’avoir un ou plusieurs ennemis proches de lui.  Cela montre qu’il a peur que ses sens le trompent.

Ce moment de faiblesse se voit dans l’émotion de « frayeur » (l. 5) qu’il ressent lui faisant avoir des « gouttes de sueur […] entre les omoplates » (l. 11) qui évoque un fort malaise physique.

 

3. Lignes 14 à 20 : de « Je m’attendais à recevoir […] » à « […] Ils doivent être deux ou trois… »

Comment le narrateur rend-il compte de son inquiétude ? Deux éléments de réponse sont attendus. Chacun d’eux s’appuiera sur l’identification précise et l’analyse d’un procédé d’écriture. (6 points)

Le narrateur rend compte de son inquiétude par l’utilisation de phrases courtes anaphoriques qui donne un rythme haché à son propos : « Rien. Toujours rien. Rien. » (l. 15 à 17) et : « Rien.

Attention. Rien. » (l. 18 - 19). Cela donne un effet de respiration entrecoupée, d’émotion vive montrant sa forte inquiétude.

Le lexique est aussi choisi pour montrer à la fois l’immobilité du narrateur et l’apparent mouvement de l’ennemi : « J’osai bouger ; mon oreille au sol ; j’entends ; on s’approche en rampant ». Ici, le narrateur montre à la fois son incertitude mêlée à sa peur d’être encerclé.

 

4. Lignes 20 à 32 : de « Alors, je pousse un soupir de soulagement. […] » à « […] tu as eu une sacrée frousse ! ... »

Que fait le narrateur pour se rassurer ? Deux éléments de réponse sont attendus, justifiés chacun par une citation du texte. (4 points)

Tout d’abord, le narrateur élabore un possible nombre de l’ennemi non loin de lui : « Ils doivent être deux ou trois » (l. 20), cela le rassure car il peut à nouveau faire confiance à ses sens qui le faisait pourtant défaut il y a peu.

Alors, il prépare sa défense : « Les autres peuvent venir, je les attends, prêt à tirer » (l. 24).

Puis, il se rend compte que « la pointe de sa baïonnette » (l. 28) touchait le sol depuis un moment. Finalement, il se rassure encore en se disant qu’il a sûrement inventé les « deux ou trois Allemands rampant imperceptiblement vers [lui] » (l. 27 – 28).

 

5. Comment le narrateur, tout au long du texte, parvient-il à entretenir le doute sur la présence d’un ennemi ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur trois éléments, justifiés chacun par une citation du texte. (6 points)

Comme il fait nuit, le narrateur est dans l’obscurité presque totale. Il entend des bruits, des respirations, des possibles mouvements de l’ennemi allemand. Cela se voit quand il dit au début : « j’avais l’impression qu’un homme avait bougé, là, en face de moi. » (l. 1 – 2)

Puis, l’attente est là, il sait que la mort peut arriver à tout moment. Alors, il reste là, en alerte, en mettant tous ces sens en tension. Il le dit lui-même : « Le sang me montait à la tête. La vue, l’ouïe, le flair, tout commençait à me faire mal tellement ma tension était aiguë. » (l. 8 – 9).  Comme l’ennemi potentiel tarde à se manifester, cela devient lourd à supporter et il reste comme prostré : « [sans] bouger » (l. 18) mais il en est sûr : il y a quelqu’un.

Et finalement, ses doutes sont confirmés quant à la fin du récit après une longue attente, il se parle à lui-même « en [se] détendant » (l. 32), croyant avoir inventé tous ces bruits nocturnes « un coup de feu partit en plein visage » (l. 33).

Ses doutes sur la vraie présence d’un ennemi l’ont tout de même permis de contre-attaquer au bon moment, car il aurait pu s’endormir puisque nous sommes en pleine nuit et qu’il avait peur. Mais il n’a pas sombrer. Son doute l’a sauvé en fin de compte.

 

6. Texte et image - Dans quelle mesure ce photogramme du film Les Sentiers de la gloire peut-il illustrer le texte ? Vous développerez votre réponse en vous appuyant sur deux arguments au moins. Chacun devra être justifié en vous référant au texte et à l’image. (8 points)

Le photogramme montre un soldat allongé à même le sol avec un pistolet à la main, dans une position statique, comme s’il était à l’affut du moindre bruit. La scène se passe en plein jour. Il y a un autre soldat allongé dernière lui, probablement mort.

Tout d’abord, l’image peut représenter le soldat présent dans le texte car lui aussi est en alerte : « La vue, l’ouïe, le flair » lui font mal car « [sa] tension était aiguë. » (l. 8 – 9).

Egalement, le soldat de l’image est armé comme dans le texte prêt à se défendre même si ce n’est pas la même arme : « Je saisis mon fusil, prêt à tirer. » (l. 1).

 

II. Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

7. « Mais si… J’entends comme un bruit d’herbe froissée… On s’approche en rampant… » (l. 19-20)

a) Recopiez les verbes conjugués. Indiquez le mode et le temps de ces verbes. (2 points)

- entends ; s’approche : présent de l’indicatif 

b) Dans ces phrases, quelle est la valeur de ce temps ? (1 point)

Il s’agit du présent de narration car il parle d’évènements passés comme s’ils se passaient au moment où on le lit.

8. « Les autres peuvent venir, je les attends, prêt à tirer… » (l. 24)

a) Quelle est la classe (ou nature) grammaticale du mot souligné ? (1 point)

Pronom personnel

b) Quelle est sa fonction grammaticale ? (1 point)

Complément d’objet direct

9. « cet ennemi invisible » (l. 22)

a) Identifiez et nommez les trois éléments qui composent le mot souligné. (1,5 point)

Invisible est un mot dérivé.

- in : préfixe de négation

- vis : radical du mot issu du verbe latin « voir »

- ible : suffixe pour former l’adjectif.

b) Expliquez son sens et donnez un mot de la même famille. (1,5 point)

Invisible : qui n’est pas visible, que l’on ne voit pas.

Vision – Visionnage

10. Réécrivez le passage suivant en remplaçant « je » par « nous ». Faites toutes les modifications nécessaires. (10 points)

« je les attends, prêt à tirer… et c’est alors que concentrant toute mon attention sur mon index placé sur la gâchette, c’est alors que je me rends compte que ma main tremble nerveusement et que ce bruit d’herbe foulée, que je prenais pour l’approche de deux ou trois Allemands rampant imperceptiblement vers moi, était causé par la pointe de ma baïonnette » (lignes 24 à 28).

« nous les attendons, prêts à tirer… et c’est alors que concentrant toute notre attention sur notre index placé sur la gâchette, c’est alors que nous nous rendons compte que notre main tremble nerveusement et que ce bruit d’herbe foulée, que nous prenions pour l’approche de deux ou trois Allemands rampant imperceptiblement vers nous, était causé par la pointe de notre baïonnette »

 

 

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